Histoire - Chevaliers de la table ronde - Kay - Blog du Templier

Publié le par Le Templier

Kay

 

Keu est un personnage du cycle arthurien, chevalier de la Table Ronde, généralement frère nourricier et sénéchal du roi Arthur. Selon les auteurs et les époques, il s'appelle également Cai, Cei, Kei, Key, Kai, Kay, Ké ou Kou. Il est souvent décrit comme quelqu'un d'arrogant et vaniteux.

Il est capable de retenir sa respiration sous l'eau pendant neuf jours; il peut se rendre aussi grand que le plus grand des arbres; il peut produire une grande chaleur qui sèches toutes les choses autour de lui même sous la pluie, et de manier une épée (lance) qui provoque sept blessures quand on la retire et qu'aucun médecin ne peut guérir.

Keu est, avec Bedivere, un des personnages les plus anciens de la légende arthurienne, déjà présent dans la littérature galloise.

 

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Keu et Bedivere apparaissent dans l’Historia regum Britanniae de Geoffroy de Monmouth (XIIe siècle) où ils aident Arthur à battre le Géant du Mont Saint-Michel. Monmouth fait Keu comte d'Anjou et sénéchal d'Arthur, poste qu’il occupe dans la littérature la plus tardive, notamment dans les romans de Chrétien de Troyes. Il est fait duc de Normandie dans le Roman de Brut de Wace.

Mais Keu fut d'abord frère nourricier du Roi Arthur. Dans Merlin de Robert de Boron, puis dans le œuvres ultérieures, il est le fils d'Antor à qui l'enchanteur confie l'éducation du jeune Arthur retiré à ses vrais parents Uther et Ygraine. Ils ne sont pas à proprement parler « frères de lait », car Keu a été sevré par une nourrice tandis que sa mère allaitait le futur roi. Le fait qu'il ait été nourri avec un lait moins noble sert parfois d'argument pour expliquer son caractère.

Lors d'un tournoi, Arthur, servant d’écuyer à Keu fraîchement fait chevalier, perd l'épée de son frère et se sert de celle qui est plantée dans la pierre pour la remplacer. Keu montre son opportunisme quand il prétend être celui qui a tiré l'épée de la pierre. Cela aurait pu faire de lui le roi des Bretons. Mais il finit par se raviser et finit par reconnaître Arthur comme son roi légitime. Antor demande à celui qu'il a élevé comme un fils de lui attribuer une faveur en faisant de Keu son sénéchal. De ce fait, il siège aussi à la Table Ronde.

 

En tant que Chevalier de la Table Ronde, Keu est totalement dépourvu des qualités chevaleresques traditionnelles et sert donc souvent de faire-valoir à des personnages plus brillants comme Lancelot, Gauvain, Yvain ou Perceval. Chez Chrétien de Troyes, le sénéchal Keu n'est toléré à la cour que parce qu'il est frère nourricier du roi Arthur mais il y est réputé pour médisance, sa violence et son manque de courtoisie.

Ainsi, dans Perceval ou le Conte du Graal, alors que les femmes sont protégées dans tout le royaume, il ose gifler une jeune pucelle devant Perceval dont il raille la naïveté. Celui-ci finira par le désarçonner de son cheval dans une bataille provoquée par Keu lui-même de façon toujours très violente et insultante. Wolfram von Eschenbach, qui raconte la même histoire dans son Parzival, dit à son auditoire de ne pas juger Keu trop durement car ses mots méchants servent en réalité à maintenir l'ordre courtois.

Dans Yvain ou le Chevalier au lion, Keu ne cesse d'insulter Yvain qui a juré de venger son cousin Calogrenant. Plus tard, lorsque le roi se rend à la fontaine merveilleuse, Yvain affronte le sénéchal en combat singulier et le met à terre.


Keu n'est même pas un bon chevalier. Dans Lancelot ou le Chevalier de la charrette, Keu insiste pour poursuivre Méléagant qui vient d'enlever Guenièvre, mais il échoue et le laisse s'enfuir avec la reine.

Les spécialistes ont souligné que le caractère méprisant et vantard à l’excès de Keu ne fait jamais de lui un personnage ridicule, un lâche ou un traître, sauf dans le roman du Graal Perlesvaus, où il assassine Lohot, le fils d'Arthur, et se range parmi les ennemis du roi. Cette œuvre étrange est une exception, cependant, et l’image qu’on donne de Keu va généralement d’une simple cruauté méchante, comme dans le roman d'Yder ou le Iwein d'Hartmann von Aue à un humour ironique et même sympathique, comme dans Durmart le Gallois et Escanor de Girart d’Amiens. Sa fidélité à Arthur n’est généralement pas mise en doute.

 

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Chrétien de Troyes signale qu'il avait un fils appelé Gronosis « le Pervers », qui s'abandonna au mal, tandis que les Gallois lui donnent un fils et une fille nommés Garanwyn et Celemon. Les romans évoquent rarement la vie amoureuse de Keu, une exception étant Escanor de Girart d'Amiens, qui raconte en détails son amour pour Andrivete de Northumbrie, qu’il doit défendre contre les machinations politiques de son oncle afin que tous deux puissent se marier.

Il est curieux, étant donné qu’on le trouve partout, que la mort de Keu ne soit pas fréquemment traitée. Dans la littérature galloise, on mentionne qu'il a été tué par le roi Sertorius de Libye lors de la bataille de Soissons ou par Gwyddawg qui avait rejoint le camp de Mordret et vengé par Arthur. Dans l'œuvre de Geoffroy de Monmouth et Le Morte d'Arthur allitérative, il est tué dans la guerre contre l'Empereur romain Lucius, tandis que le Cycle de la Vulgate le fait mourir en France, également dans une bataille contre les Romains. Une autre version le fait participer à la bataille de Camlann : rescapé tout comme Arthur, mourant, et Girflet, il décède lorsqu'Arthur veut lui dire adieu. Arthur étreint trop fort Keu, et celui-ci expire aussitôt.
 

 Il fut enterré dans son château à Chinon (ou à Caen).

 


Vous pouvez retrouver la présentation de la figurine Kay

Publié dans Histoire et légendes

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Lorraine 26/03/2013 13:59


Excellent article, merci à toi! Je suis tout à fait en accord avec ton analyse. Sir Kay est un personnage fascinant et d'une grande
profondeur. Comme le cite de nombreuses sources, dans la littérature
galloise, il commence son parcours en tant que héro et tueur de géant où il est appelé Cai Hir (Keu le Grand), champion puissant au sang chaud où il s’honore de bien d'autres exploits comme
lorsqu’il sauve Mabon, le fils de Modron, de sa prison au milieu des eaux. On lui attribuait alors des capacités surhumaines dans une grande partie de la littérature galloise: les Triades
galloises le désigne comme étant l'un des « Trois Chevaliers enchanteurs de la Grande-Bretagne », il est décrit comme un personnage avec pouvoirs
exceptionnels :
"Nine nights and nine days his breath lasted under water, nine nights and nine days would he be without sleep. A wound from Cai's sword no physician might
heal. When it pleased him, he would be as tall as the tallest tree in the forest. When the rain was heaviest, whatever he held in his hand would be dry for a handbreadth before and behind,
because of the greatness of his heat, and, when his companions were coldest, he would be as fuel for them to light a fire".  - Il est capable de retenir sa respiration sous l'eau
pendant neuf jours; il peut se rendre aussi grand que le plus grand des arbres; il peut produire une grande chaleur qui sèches toutes les choses autour de lui même sous la pluie, et de manier une
épée (lance) qui provoque sept blessures quand on la retire et qu'aucun médecin ne peut guérir.  Dans Culhwch, Cai est un entêté qui se brouille avec Arthur, parce que celui-ci a écrit une
chanson satirique sur sa victoire contre Dillus le Barbu, mais on fait de lui ailleurs le compagnon loyal d'Arthur.

Puis il devient par là suite le chevalier désagréable et provocateur, ce très ancien compagnon et sénéchal du roi Arthur au caractère instable, arrogant et railleur qui n'attire pas la
sympathie (dans son Perceval Chrétien de Troyes dit que qu’il n’avait pas d'homme plus beau que Kay, mais que ses "plaisanteries malveillantes entachent sa beauté et son courage "),
en particulier concernant la jeune génération de chevaliers, qui en les contestant, contribue
ainsi à faire d'eux les héros que l'on connait.

N'est-ce pas un peu lui, à l'instar de tous ses compatriotes des grandes mythologies, le trickster de la table ronde? Il en ait devenu mon chevalier préféré.

http://www.kingarthursknights.com/knights/kay.asp
http://en.wikipedia.org/wiki/Sir_Kay
http://mythologica.fr/medieval/keu.htm

Le Templier 27/03/2013 12:17



Bonjour, et merci pour la partie celtique que l'on a tendance à oublier. On se cantonne souvent aux traits de caractères que lui prête Chrétien de Troyes.


Il est bon de rétablir sa personnalité et de parler des pouvoirs qu'ont d'ailleurs d'autres chevaliers de la légende d'Arhur mais que Chrétien ne mentionne jamais.


Après avoir lu et relu les chevaliers de la table ronde de Chrétien de Troyes j'aimerais me pencher sur l'origine de la légende et non à un auteur qui s'est servi d'une légende à titre de
propagande chrétienne.


Merci de votre intervention en tout cas.



djamp 23/05/2012 15:09


 Si tu veux, je me suis trompé de collection, c'est vrai qu'il n'existe aucun lien entre le moyen age et la
légende de la table ronde, les chevaliers ne se ressemblent pas, les rites et pratiques non plus, c'est un livre de science fiction fait d'anachronismes. Tu dois avoir raison  Je ne critiquerai plus, c'est mal, la table est juste parfaite, le graal qui est une légende n'a pas survécu au travers de
l'Histoire d'ailleurs , comme tu ne vois pas les nombreuses pièces qui traitent de la religion dans celle de la
série Histoire, tu as dû te planter aussi 

Le Templier 24/05/2012 09:34



Il y a forcement un lien avec l'église quand on parle de chevalerie, d'ordre religieux. C'est inévitable maintenant dire que les EDG ne font que des figurines religieuses... C'est le sujet traité qui veut cela. Je peux dire qu'ils ne font que des sujets traitant de la guerre.



djamp 22/05/2012 19:17


Je crois que ta vision du serment est effectivement très différente de la mienne. Preter serment c'est aller vers un même objectif (pour moi la recherche du graal, la défense de la veuve et de
l'orphelin , je crois que Kay s'asseyait un peu dessus ), ça ne change pas ton physique, tu ne deviens pas un beau chevalier parce que tu rentres le ventre et que tu serres les
fesses . Si je te prends un exemple illustre, DSK à New York devant monsieur le juge, il n'était pas à la fête, il
était dans le solennel et ce n'est pas devenu Brad Pitt pour autant , si tu as un visage dur, austère ce n'est
pas avec un serment que tu vas devenir un Adonis, le fait que tu puisses échanger Gauvain et Kay sans difficulté est pour moi, une faute, on ne peut pas prendre le mendiant pour autre chose qu'un
mendiant de par sa position corporelle mais aussi de par les traits de son visage.


    Pour Kay, s'il mesurait 1m95 ce qui était très grand pour l'époque, il aurait pu s'asseoir dans n'importe quel siège , pas besoin non plus de forcer le trait 


Je crois que tu aimes voir ce que tu recherches dans une figurine, la beauté, la noblesse, la dignité, la prestance. J'aime l'Histoire au travers d'une sculpture, si Du Guesclin était
effectivement un "monstre", je préfere une figurine fidèle au personnage qu'avoir une belle figurine d'un beau connétable aux proportions parfaites, la petite étiquette sur le socle ne me suffit
pas, la figurine muette et impersonnelle ne me touche pas 

Le Templier 23/05/2012 13:38



La recherche sur le Graal, les chevaliers s'asseyaient aussi dessus car selon la prophétie, seul un chevalier pur toucherait au Graal, certains se sont retirés de faire de cette course
(source : livre que je lis actuellement).


On ne peut pas prendre le mendiant pour autre chose à cause de sa tenue vestimentaire...Comme beaucoup l'habit fait le moine.


Si tu aimes l'histoire, en choisissant la légende d'Arthur tu t'es trompé de collection, elle n'a pas grand chose d'historique. On peut repprocher en effet, une similitude de taille.



djamp 22/05/2012 11:19


 Personnage interessant que ce Kay, son coté sombre n'attire pas la sympathie mais on ne peut pas lui retirer le
fait qu'il semble avoir une personnalité bien affirmée quelque soit la légende. Si je devais faire un petit reproche à ton article du jour, ce serait justement sur cet aspect des choses, le
mélange des différentes légendes qui fait qu'on se mélange un peu entre son mariage avec endive verte pour l'un, sa filiation contestée pour l'autre, c'est le frére nourricier sans vraiment
l'etre, tu aurais peut etre dû rester sur une seule source, Chrétien de Troyes au hasard ...  car je crois
encore que la table des EDG est plus axée sur celle là que sur les autres 


Je ne retrouve pas son histoire au travers de la sculpture de son personnage, il a la faculté de se tranformer en géant, il peut déssecher ce qui l'entoure, j'aurais bien vu un chevalier un peu
plus grand que les autres, assez sec avec un rictus ne laissant pas de doute sur la noirceur du personnage, il est différent des autres chevaliers, peu apprécié par l'ensemble, il est là plus par
protection que par choix, je ne retrouve aucune de ces particularités dans la figurine qui est très belle, très bien gravée mais qui ne montre qu'un chevalier parmi les autres, c'est en cela que
je trouve que le manque de personnalisation nuit à l'ensemble.


 


  Je comprends ton point de vue car tu recherches la qualité de gravure au travers des figurines et là, rien à dire, elle est là mais comprends tu ce que je veux dire quand je te dis que
j'aurais aimé plus de personnalisation suivant les différentes histoires des différents chevaliers, un personnage de légende, de mythologie, d'Histoire, ne trouve d'interet que par son vécu pas
uniquement son aspect visuel. Parfois la vie d'un personnage est directement lié à son physique, parfois non et quand ce n'est pas le cas, représenter quelqu'un en lui donnant un peu plus de
personnalité est une excellente chose. Si je prends l'exemple d'une pièce que tu adores, Simon de Montfort, la pièce est magnifique en tant que telle mais quand tu connais son histoire, elle
devient encore plus belle car ce visage dur, criant, prend alors tout son sens, tu peux y voir la noirceur sans difficulté, ton choix de cette figurine parmi tes préféréés est excellent car elle
a tout ce qui n'est pas le cas de Kay 

Le Templier 22/05/2012 17:57



Mais justement non, aller seulement dans un seul sens n'est pas objectif. J'ai commencé à lire un livre tiré d'un auteur Anglais pour justement voir les différences avec C. de Troyes que je
compte lire après ma 2e lecture de Bilbo le Hobbit. La table est plus axée sur C. de Troyes, oui du point de vue du nombre et encore tu dis qu'il manque le 13e siège. Maintenant si on prend 150
chevaliers, te rends tu compte de l'encombrement, du cout de la pièce ?


Remarques tu l'allure solennelle des chevaliers, ils ne jouent pas un rôle ne laissent pas d'émotions, ils sont là pour préter serment. Tu crois qu'ils sont à la foire, non, l'instant est
d'or, sérieux, ils ont donc tous une tenue et une posture militaire, pas de rictus, pas de grimace. Il a la possibilité de se transformer en géant, les EDG auraient du faire siéger un géant ? Tu
vois bien que les pseudos pouvoir (légendes...) sont difficiles à dépeindre sur une scupture.


Je comprends ce que tu souhaites, ça aurait été l'excellence d'arriver à cela maintenant comme je le dis, je trouve que tu mets la barre haute, comment rendre ce que tu souhaites sur une
figurine ? G. Odérigo l'a réussi auparavant sur d'autres figurines, par exemple : le bouffon, oui mais l'habit et le bonhomme n'est pas sérieux comment serait-il lors d'un serment ? Ne nous
écartons pas de ce serment des chevaliers de la table ronde. On prétait serment de défendre la veuve et l'orphelin, de défendre les femmes et les vieillards, de partir dans la quête du St graal.
On ne fait pas le guignole à ce moment, on est sérieux. Les chevaliers le sont au manque peut-être de l'émotion. Ce qui manque pour toi est logique pour moi.


Pour Simon de Montfort, si tu ne connais pas son histoire, tu peux imaginer n'importe quoi face à ce visage. Une victoire écrasante sur un ennemi, une prise d'un chateau mais pas sa
trahison...