Histoire Le Saint Graal - Symbole - Blog du Templier

Publié le par Le Templier

Le Saint Graal

 

 

Qu’on ne s’y trompe pas : Chrétien de Troyes donne bien un caractère religieux au Graal, puisque lors de la dernière évocation de Perceval dans le roman, un ermite explique au jeune chevalier que ce Graal sert à transporter une hostie au père du Roi-Pêcheur, et on y lit la mention de Saint Graal. Cependant, le mystère reste total quant à l’origine de cet artefact. Chrétien de Troyes ne s’embarrasse pas d’explications, et on ignore s’il avait l’intention de les donner plus tard, ou s’il comptait laisser planer le mystère.

Étymologiquement, de nombreux linguistes s’accordent à dire que le mot graal pourrait très bien être une déformation d’un mot courant en langue d’oc, langue d’origine de Chrétien de Troyes, désignant un plat ou un vase creux doté de larges bords. Autrement dit, un objet tout à fait banal sanctifié par l’usage qu’on en fait, c’est-à-dire transporter une hostie à un roi en pénitence.

Certains spécialistes n’hésitent pas à dire que le Graal serait inspiré non pas du Calice de la Cène, mais du chaudron du Dagda, sorte de corne d’abondance celtique, puisque ce chaudron avait la capacité de nourrir tous ceux qui viendraient s’y servir. On s’éloigne donc des codes chrétiens pour entrer dans ce qui était considéré au Haut Moyen-Âge comme tout à fait païen.

Dans la littérature médiévale, ces mélanges ne sont pas si rares. Dans le Lancelot ou le chevalier de la Charrette, Chrétien de Troyes s’inspire de l’Autre Monde celtique pour décrire le royaume de Gorre (les couleurs, comme la mule fauve, ou les rivières formant une frontière invisible entre deux mondes…). Il n’est pas le seul à le faire, et c’est considéré comme tout à fait normal.

 On part donc d’un objet issu des traditions païennes ou tout du moins du quotidien de l’époque, pour en faire une quête spirituelle : Perceval n’ayant posé aucune question en voyant le Graal, ce qui aurait pourtant achevé la pénitence du père du Roi-Pêcheur, se doit de retrouver le Graal et de poser cette question essentielle, pour s’absoudre de ses propres péchés. C’est cette quête qui permettra à Perceval de ne pas être seulement un excellent chevalier, mais d’être un chevalier exceptionnel par la force de sa foi.

 

gerbte10.gif

 

 

Dans son Perceval ou le Conte du Graal, Chrétien de Troyes lance Perceval et Gauvain dans la quête du Graal et de la Lance qui Saigne. C’est la toute première évocation de ce mythe du Graal, qui va devenir le symbole de la matière de Bretagne : ce calice qui aurait contenu le sang du Christ apporterait pureté et sainteté à celui qui le trouverait. Ce Saint Graal a fait de nombreuses interprétations, dont la récente et retentissante version de Dan Brown, reprise d’un essai paru dans les années 1980, avec l’éthymologie de Sang Réal

Il est cependant bon parfois de remettre les choses dans leur contexte : jamais Chrétien de Troyes n’associera le Graal au sang du Christ.  En effet, ni ce Graal, ni la Lance qui Saigne ne sont véritablement attachés à l’histoire du Christ. Ce sont les continuateurs, et surtout Robert de Boron dans son Histoire du Saint Graal, qui introduisirent cette explication, en invoquant le personnage de Joseph d’Arimanthie rapportant de Terre Sainte la Lance qui a percé le flanc du Christ et le Graal qui fut le calice de la Cène.

 

 

 

 

Publié dans Histoire et légendes

Commenter cet article

titi28graal 21/07/2012 10:12


Autant d'interpretations et d'histoires pour cet objet clef dans le cycle arthurien.


Il n'a pas fini de faire parler de lui et d'inspirer les auteurs de Bande dessiner, de roman ou de Cinéma.


Comme disait monty python : Sacré Graal...