Histoire - Les engins de siège au moyen-âge - Blog du Templier

Publié le par Le Templier

Les engins de siège 

 


Les châteaux forts ainsi que les villes fortifiées étaient nombreuses pendant cette période et les catapultes ont été utilisées comme armes de siège décisives contre les fortifications. Pour tenter d’ouvrir des brèches dans les murs, des flèches incendiaires ont été lancées à l'intérieur des fortifications et l’on a expérimenté la guerre bactériologique en catapultant pardessus les murs des carcasses infectées ou des ordures putréfiées.

 

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Le bélier est un engin de siège dont l’origine remonte à l’Antiquité et qui était utilisé pour enfoncer les murs des fortifications ou les portes.

Dans sa version la plus simple, le bélier est juste un gros tronc d’arbre manœuvré par plusieurs personnes et projeté avec force contre un obstacle, la quantité de mouvement emmagasinée par le bélier était suffisante pour endommager la cible si le tronc était assez massif et/ou était déplacé assez rapidement.


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Dans sa version la plus sophistiquée, le bélier était manœuvré à partir d'un châssis monté sur roues, actionné au moyen de cordes ou de chaînes comme un balancier qui va cogner contre la porte du château, de sorte qu'il pouvait être beaucoup plus lourd tout en restant facile à manœuvrer. Parfois, le point de percussion du bélier était renforcé par une tête en métal et les parties vulnérables du bélier consolidées par des cercles métalliques.

Le bélier à tête est un bélier dont la tête porte un accessoire (généralement en fer ou en acier dont la forme est parfois celle d’une tête de bélier avec des cornes) pour infliger davantage de dommages à un bâtiment.

Beaucoup de béliers étaient protégés par un toit et des écrans latéraux couverts de matériaux peu inflammables, généralement des peaux fraîches et humides, provenant probablement d’animaux consommés par les assiégeants, afin de résister plus longtemps aux projectiles enflammés lancés par les défenseurs, ainsi que pour protéger les servants du bélier des tirs des archers ennemis en leur offrant comme refuge l’habitacle du bélier.

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Une tour de siège (appelée beffroi au Moyen Âge) est un engin de siège, construit spécialement pour protéger les assaillants et les échelles d’assaut pendant les manœuvres d'approche des murs de fortifications. La tour était souvent rectangulaire avec quatre roues et une hauteur à peu près égale à celle du mur, ou parfois plus élevée pour permettre aux archers de monter au sommet de la tour et de tirer à l’intérieur des fortifications. Comme les tours étaient en bois et donc inflammables, elles devaient être protégées par un revêtement ininflammable, en fer ou en peaux de bête fraîchement abattues. La tour de siège était fabriquée principalement en bois, mais elle comportait parfois des pièces métalliques.

Utilisée depuis le IXe siècle au Proche-Orient antique, depuis 305 avant J.-C. en Europe, et durant l’Antiquité en Extrême-Orient, les tours de siège avaient des dimensions imposantes et par conséquence, comme les trébuchets, étaient donc principalement construites sur le site du siège. À cause du temps important nécessaire à la construction, les tours de siège étaient construites seulement si les défenses de la forteresse ennemie ne pouvaient pas être franchies avec des échelles. 

Les tours de siège étaient utilisés pour permettre à des troupes de franchir les murs ennemis. Quand la tour de siège parvenait à proximité des murs, on abaissait une passerelle entre l’engin et le mur. Les troupes pouvaient alors se précipiter sur les murs et à l’intérieur du château ou de la ville.


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Parmi les engins fonctionnant avec un ressort à torsion figurent notamment l’onagre et la baliste, armes utilisées conjointement avec les engins à contrepoids, le mangonneau et le trébuchet.

 

La catapulte est une machine de guerre utilisée pour lancer des projectiles à grande distance, sans emploi d’aucun explosif  comparable sur ce point à d’autres engins de siège en usage pendant l'Antiquité et au Moyen Âge. Apparentée à la baliste, qui, elle, projetait des lances, la catapulte est capable de projeter de lourdes pierres ou parfois même, selon les scrupules des chefs de guerre, des cadavres ou diverses déjections afin de saper fortement le moral de l'ennemi, lui faire peur, voire propager des infections à l'aide d'un câble tendu. La force de propulsion a d’abord été donnée par la flexion d’un arc géant puis, dans les engins plus perfectionnés par la torsion d’un « ressort » constitué d’un faisceau de fibres.


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L’onagre était un engin de siège de la période romaine post-classique qui tire son nom de l'analogie de son mouvement avec celui de la ruade d'un onagre, sorte d'âne sauvage. Il s'agit d'une sorte de catapulte romaine qui utilise la force de torsion, provenant généralement d’une corde torsadée, pour stocker l'énergie nécessaire au tir.

D'après le Dictionnaire raisonné de l'architecture française du XIe au XVIe siècles, les historiens romains s'accordent tous pour ranger l'onagre, comme la catapulte et le scorpion, dans les engins de jets offensifs mais leurs descriptions sont, ou bien succinctes, ou bien contradictoires : on trouve en effet le terme onagre comme synonyme de scorpion chez Marcellin (VIe siècle) ou onagre comme engin lançant des pierres (par opposition aux javelots) chez Végèce, ou onagre comme synonyme vulgaire de catapulte chez Jean le Lydien.

Certains la décrivent comme une petite catapulte capable d'envoyer des petits projectiles à 30 m de distance ou 40 m de haut, d'autres comme une arbalète géante.

 

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Au Moyen Âge (le fait est rapporté à partir de 1200 environ) on a utilisé une version moins puissante de l'onagre qui recevait le projectile, dans une sorte de cuillère géante et non plus dans une fronde. De cette façon, de nombreux petits projectiles pouvaient être tirés, contrairement à la version de plus grande taille. Cet engin est parfois appelé le mangonneau, bien que ce nom ait été utilisé pour différentes formes de machines de siège.

Johann Silberschlag, dans sa Dissertation sur les trois principales machines de guerre des anciens (la catapulte, la baliste et l'onagre), analyse avec précision les textes de Vitruve et de Marcellin. Il distingue alors les engins destinés à lancer des traits, qu'il appelle catapultes, et ceux destinés à lancer des pierres, qu'il appelle balistes. Il range alors l'onagre plutôt dans la famille des balistes desquelles il diffère sur quelques points. Il le décrit comme un bras de levier en bois à l'extrémité duquel se trouve une cuillère. Ce bras de levier est tendu, et quand la tension se relâche, le bras de levier dessine un arc de cercle et vient frapper contre un butoir tandis que le contenu de la cuillère s'envole dans les airs. Il confirme que l'onagre fut beaucoup utilisé, avec ou sans roue, durant les guerres de Jules César. Il suppose qu'il pouvait lancer des grêles de pierres, des projectiles enflammés et même des cadavres.

 

 

 

La baliste était une arme développée à partir d'une arme grecque plus ancienne. Son fonctionnement est basé sur différents mécanismes utilisant l’action de deux leviers sur des ressorts à torsion, constitués de plusieurs faisceaux de fibres tordues. Les premières versions lançaient de lourdes flèches ou des projectiles sphériques, comme des pierres de différentes tailles, au cours des sièges. Elles ont servi de base pour développer une arme de tir plus petite, le scorpion et peut-être le polybolos. Cette arme est abandonnée au haut Moyen Âge au profit des engins à contrepoids, la pierrière puis ses perfectionnements : la bricole, le mangonneau, le trébuchet. Cependant, le nom "baliste" est conservé au Moyen Âge pour désigner l'arbalète à tour et parfois, abusivement, les engins de siège à contrepoids.

À l'origine, le mot « catapulte » désigne un engin lanceur de flèches, alors que le terme « baliste » fait référence à une machine qui lance des pierres, mais la signification des deux termes a été intervertie à partir du IVe siècle de notre ère, d’où parfois une certaine confusion dans les termes. Le fait que le mot « catapulte » (qui a donné un verbe : « catapulter ») soit devenu un terme générique, qui, à certaines époques, désigne indistinctement tous les engins de siège de la baliste au trébuchet, obscurcit encore la terminologie.

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Le terme mangonneau désigne un engin militaire offensif de l'époque médiévale, une sorte de catapulte, un engin de siège utilisé pour lancer des projectiles contre les murs des châteaux forts, très proche du trébuchet. Le mangonneau tirait de lourds projectiles à partir d’une poche en forme de fronde fixée à l’extrémité d’un bras (la verge). La poche permettait de lancer davantage de pierres qu’une fronde, ce qui le différenciait de l’onagre. Au combat, le mangonneau lançait des pierres, et des engins incendiaires (des pots à feu, des vases remplis de matériaux inflammables qui projetaient une boule de feu au moment de l'impact), ou toute autre objet disponible pour l'attaque et la défense. Parmi les projectiles les plus insolites on comptait les cadavres, et les carcasses souvent en partie décomposées, d'animaux ou d’hommes, utilisés dans le but d’intimider, de démoraliser les assiégés et de propager des maladies parmi eux. Cette tactique s’est souvent révélée efficace. La pénurie de nourriture, souvent de mauvaise qualité ou avariée, combinée à l'exiguïté de l'espace vital pour les défenseurs, au manque d'hygiène, et aux infestations de vermine fournissait un scénario idéal pour la propagation des maladies. Il convient de noter, toutefois, que le rôle principal du mangonneau sur le champ de bataille, en particulier au Moyen Âge, était de détruire un château ou les murs et les infrastructures d’une ville, pas de tuer ou de démoraliser les troupes. Ses frappes puissantes mais imprévisibles, étaient mieux adaptées à la destruction des cibles de grande dimension et non mobiles tels que les bâtiments ou les murs.


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Le trébuchet, parfois incorrectement appelé catapulte, emploie un contrepoids plutôt que la torsion ou la tension : il fonctionne essentiellement comme une fronde géante. Son invention date du Moyen Âge, époque à laquelle il a remplacé la catapulte en raison d’une meilleure précision des tirs et surtout d'une meilleure résistance au climat européen, dont l'humidité détendait les tendons des engins à torsion.

Le trébuchet fait partie des pièces d’artillerie médiévales dites à contrepoids. Il s’agit d’un engin de siège qui a été utilisé au Moyen Âge, soit pour détruire la maçonnerie des murs, soit pour lancer des projectiles par dessus les fortifications. Il est parfois appelé «trébuchet à contrepoids» afin de le différencier d'une arme plus ancienne qu’on appelait «trébuchet à traction», une version primitive de l’engin où la force de propulsion était fournie par des hommes et non par un contrepoids.

Le trébuchet à contrepoids est apparu dans la première partie du XIIe siècle dans les pays du pourtour méditerranéen à la fois dans les terres chrétiennes et dans les régions contrôlées par les musulmans. Il pouvait lancer des projectiles de trois cents livres (140 kg) et les projeter à grande vitesse contre les fortifications ennemies. 


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Le trébuchet à contrepoids est apparu en Chine vers le IVe siècle av. J.‑C. en Europe au VIe siècle de notre ère et il ne deviendra obsolète qu'au XVIe siècle, bien après l'introduction de la poudre à canon. 

 

Les catapultes ont été progressivement remplacées par les canons, au cours du XIVe siècle.

 

La bombarde désigne un canon de siège utilisé entre la fin du XIVe siècle et le début du XVIe siècle. Lourde et peu maniable, la bombarde était fixée dans un affût en bois. Ce canon est alors utilisé pour tirer de lourds boulets sur les murailles afin de les affaiblir. Ce type de canon est fragile. En effet, la métallurgie de l'époque, ne permettait pas de réaliser des canons d'un seul bloc. Ceux-ci était réalisés d'une manière analogue aux tonneaux, avec des pièces de fer forgé (ou même de bois) tenues ensemble par des cerclages en fer. Les bombardes étaient souvent sujet à des éclatements inopinés et dangereux pour leurs utilisateurs. Pour cette raison, les charges de poudre propulsive étaient nécessairement limitées réduisant ainsi la portée et la puissance des projectiles.

 

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Source wikipédia, à ma sauce.

 

Vous pouvez retrouver la magnifique mise en scène de la machine de guerre de Djamp

Publié dans Histoire et légendes

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Commenter cet article

djamp 07/05/2012 10:46


 Tu as raison !  Les guillemets
ne changent pas grand chose finalement  ... 


Là par contre ou tu n'as pas raison, c'est qu'un chevalier ne fait pas que la guerre mais c'est quand même sa raison d'etre . Le boulanger ne fait pas que le pain non plus mais à la base, c'est son métier . La guerre dans l'Histoire fait partie intégrante de l'humanité, je ne crois pas qu'il y ait eu une seule seconde sur terre depuis que
l'homme existe ou il n'y a pas eu une guerre quelque part dans le monde, la théorie du siécle des lumières selon laquelle l'homme est naturellement bon est plus que contestable , dire qu'un chevalier ne faisait pas que la guerre est un raccourci du même ordre, un chevalier dans son nom même est un
guerrier à cheval, pourtant je t'accorde qu'il n'était pas non plus 24 heures sur 24 sur son canasson mais retirer cet aspect des choses ou l'atténuer ... . Un légionnaire romain c'était quoi alors? un grognard de l'empereur? un hun sous Attila? et j'en passe 


Une guerre chevaleresque, c'était une guerre codifiée ou les autres ne devaient pas embeter celui qui était à cheval avec des flèches par exemple, c'était interdit, c'était mal, ça pouvait le
tuer . Aujourd'hui on appelerait ça des privilèges, à l'époque ça s'appelait un code de l'honneur, tu peux changer
les mots mais ça ne change pas grand chose  au final 

Le Templier 07/05/2012 17:47



Chevalier est un métier, peut-on pour la peine dire que tu ne fais que la guerre. Le boulanger fait du pain certes mais il a une vie à coté.


Le chevalier est bien souvent noble, il a donc un chateau et des paysans à entrenir, il fait la chasse, des tounois.


Je crois que l'Homme nait bon, c'est la société et les évênements qu'il traverse qui modifie une personne.


Il faut se poser la question du pourquoi, sous Attila, si tu ne combattais pas avec lui, je suppose que tu devais te faire découper, il y avait sans une promesse de devenir riche, d'avoir des
terres...Le légionnaire se battait pour une solde.



djamp 06/05/2012 21:48


 J'ai mis des guillemets à propre moi !  ce que toi tu appelles une guerre chevaleresque , je ne
sais pas plus ce que ça veut dire, mais un chevalier existant juste pour faire la guerre, j'imagine que tu as une explication sur ton amour du guerrier à cheval 

Le Templier 07/05/2012 09:11



Elle n'est pas plus propre avec des guillemets . Un chevalier n'existait pas QUE pour faire la guerre.



djamp 06/05/2012 20:07


 Exact ami Templier et comme tu l'as dit récemment, sans le moyen age il n'y aurait pas eu la renaissance ni le
monde contemporain donc si la guerre bactériologique est toujours d'actualité, c'est à cause du moyen age, ils auraient fait des guerres "propres", on en serait peut etre pas là  Belle période de l'Histoire 


1 000 ans d'évolution pour en arriver là ... . Vive l'empire ! 

Le Templier 06/05/2012 20:20



Des guerres propres...



djamp 06/05/2012 16:44


Très interessant ton article du jour  et puis le trébuchet c'est "age of empire" , belle arme, enfin si je puis dire qu'une arme est belle, bien sur . Le jet de carcasses en putréfaction était une idée interessante qui montre bien que l'époque n'était pas trop guillerette et puis le
jet d'huile bouillante , je ne voudrais pas ressoulever la polémique en comparant l'incomparable mais question
sauvagerie, l'empire n'a pas à rougir des combats du moyen age, la différence pouvait se faire sur le nombre de victimes dû au nombre de la population mais question bestialité ... le moyen age
n'était pas très rieur tout de même 

Le Templier 06/05/2012 19:49



Tu aimes ressortir la noirceur du moyen-âge et je ne tiens pas à cacher les facettes de cette période. Toutefois l'envoi de cadavre putréfié ressemble à la guerre bactériologique qui a
toujours cours de nos jours. Les moyens changent mais pas les méthodes, malgré l'évolution de notre civilisation.